Emir Kusturica - Live is a miracle

Emir Kusturica. Tout le monde en a forcément entendu parler de ce réalisateur yougoslave. Ne serait que cette année lors du dernier festival de Cannes. Mais avez vous seulement entendu une seule fois sa musique ? Sa musique, leur musique, car il s'est associé depuis de longues années au 'band' the No Smoking Orchestra. Après plusieurs tournées mondiales, collaborations pour les bandes originales de films (chat Noir chat Blanc, La vie est un miracle, ..) et même un album studio (Unza Unza time) voilà enfin un aboutissement à cette promiscuité : un enregistrement live.
Et quel live, l'intégralité du concert de Buenos Aires (pour le DVD). L'équivalent d'une équipe de foot sur scène, pour un match de deux heures avec un public en folie qui n'en demande pas plus. Dans les deux versions (cd / dvd) on retrouve parfaitement l'énergie dispensée par le groupe. Même si bien sûr la préférence va sur la vidéo, car plus que de la musique un concert du No Smoking Orchestra est un show à part entière.
Sur scène on passe par tous les styles et genres musicaux (punk, musette, chanson, traditionnel, …) ainsi après une petite introduction théâtrale, on enchaîne directement à du punk balkanique avec "Drang Nach Osten", où dès les première notes on sent une atmosphère de collines d'après guerre, de défouloir, et de réconciliation. Puis Monsieur Dejan Sparavelo (Violoniste) s'essai à reprendre du classique "Boccherini Menuet" repris en chœur et en fanfare par ses compères en Unza Unza Way (style de musique auto défini par le E&NSO).
Quelque chose me dit qu'il faut tout de suite calmer les esprits avant que la salle ne prenne feu de l'intérieur. La reprise d'un air local est l'idée la plus propice "Upside Down" qui s'enchaîne sur un morceau extrait de Chat Noir Chat blanc "Ja volim Te Jos". La sauce est prise, il ne reste plus qu'à servir le plat de résistance avant d'arriver à la mi-temps. "Meine Stadt" réveille ainsi les esprits les plus faibles qui se seraient endormis, puis les transpose avec un "Vasja" rageur. S'en suit un "Wanted Man" tout deux extraits de La vie est un miracle.
C'est l'heure de la mi-temps. On retourne sur des terrains plus classiques. Romeo And Juliet. Mais pas la version de Shakespeare. Ca serait trop facile, le Romeo and Juliet des Balkans. "Was Romeo really like a jerk". "I'm not Romeo, maybe you are Juliet, but I'm not Romeo" sclandent les argentins. Toujours avec ces mélodies accrocheuses qui font que leur musique est populaire et universelle. "Pittbull Terrier" termine le plat de résistance, on repense tout de suite à Dadan dans Chat Noir Chat Blanc, chantant sous l'emprise de la coke. C'est un peu le cas dans la salle, foule en délire, facéties de Nelle, grâce à la meilleure drogue au monde : la musique. Voici la fin de l'entremet, un peu d'eau pétillante pour faire passer le tout : "Devil is in the Business Class" avant d'attaquer le dessert, qui peut, dans certains cas, finir de vous rendre accros. Le Morceau avec un grand L et un grand M devant. "Bubamara". Titre phare de Chat Noir Chat Blanc réorchestré sur Unza Unza Time. Tous en choeur, Djindji rindji bubamaro. Décidemment Emir et le No Smoking auront créés une musique sachant rassembler tous les peuples de toutes les origines. Et cerise sur le gâteau, une hymne de paix et de bonheur (Paix, amour et fleurs ?) "When Life is a Miracle" inutile de vous dire de quel film est tire ce morceau - When life is a miracle, as if Zidane player for Liverpool - pour moi un des meilleurs du combo. Qui clôt ce cd live, avec en prime une présentation des tous les musiciens leur permettant une petite impro qui se terminera sur une montée à vous donner le frisson (que j'ai en écrivant).
Le seul regret est de ne pas avoir le titre éponyme de Unza Unza Time, qui est un condensé de tout ce qu'on peut entendre avec le No Smoking ; ainsi que le packaging léger du DVD (aucun livret). Cependant pour les fans de karaoké – et je sais qu'il y en a - les livret du cd dispose des paroles (avis aux amateurs de chanter Vasja de tête en prime de la StarAk)
Le DVD quand a lui est bien sûr le même, mais en mieux forcément. Image et morceaux un plus (Evergreen, Karakaj, Wanted Man II et III, Mornari Plove petite chanson semi acoustique chantée par le groupe). On y voit plus en détails les mimiques de Dr Nelle, les délires de Monsieur Dejan Sparavelo avec son violon qui s'amuse aussi à jouer le transformiste. Le coup de baguette efficace de Stribor Kusturica (fils d'Emir) à la batterie, le solo de saxo sur Devil is in the business class de "BlackBird". En résumé on y voit vraiment LE spectacle du No Smoking, car même si Emir est en tête d'affiche, il n'est que simple guitariste, ce n'est pas lui qui fait l'attraction principale.
Niveau bonus le DVD est accompagné d'une galerie photo et d'un documentaire sur la sortie de ce DVD en Yougoslavie, et sur l'action du No Smoking dans leur pays, très intéressant à regarder.
A voir surtout en vrai, précipitez vous voir ce groupe décalé quand il repassera près de chez vous car parait-il qu'Emir va bientôt en phase de tournage dernière date en France courant décembre à l'Olympia.
Merci Niluje pour la chronique.