Devendra Banhart - Niño Rojo

Oyé, oyé braves gens, le folk fait son grand retour dans l’actualité musicale de ce début 2005 avec Devendra Banhart, hippie new generation, qui a dernièrement sorti coup sur coup 2 pépites, Niño Rojo et Rejoicing in the Hands, remettant la folksong au goût du jour ! Une guitare et une voix aux douces vibrations : la formule est simple mais efficace. Niño Rojo en est la preuve…
Mais qui c’est celui-là ? Et oui, comme ça, au premier abord, le nom de Devendra Banhart ne vous dit peut-être pas grand-chose quoique…on en parle de plus en plus…
Moi, perso, je l’ai découvert en écoutant les Indétendances – le n°19 – celui qui est accompagné du CD des Transmusicales de Rennes (allez, un peu de pub pour la Fnac…). J’écoutais donc tranquillement les Indétendances, d’une oreille distraite il est vrai, tout en révisant pour mes partiels, dangereusement proches quand soudain, après 2, 3 titres bien sympathiques (Dogs die in hot cars, pas mal)...je m’arrête net, je lâche mon surligneur rose fluo et le chapitre 2 d’Analyse historique et prospective du système communautaire (et oui ça existe, pour de vrai !) et j’écoute…… Je me laisse porter par Little Yellow Spider…
Rien de vraiment nouveau, encore moins de novateur. Juste du folk….du folk pur. Juste le son d’une guitare sèche doucement grattée, doucement caressée et Devendra Banhart et son petit grain de voix envoûtant. Le style paraît dépouillé – de temps en temps s’ajoute quelques mesures d’harmonica, de tambourin, quelques notes de piano…- pourtant les mélodies nous transportent. Et, au risque d’avancer un cliché, c’est tout un univers qui s’ouvre à nous, celui de l’Amérique des grandes plaines…peut-être l’Ouest…ou peut-être le Sud…le Mississipi ou le Nouveau Mexique - si l’on considère le titre de cet album, Niño Rojo, comme un indice… On tend l’oreille et on pense à Bob Dylan, à l’avant-dernier album de Bruce Springsteen, The Ghost of Tom Joad - dans la même veine bien que plus mélancolique que Niño Rojo - et à tous les autres qui ont fait l’histoire du folk – notamment dans les années 1930 et 1940 - et dont je ne connais pas les noms mais dont les mélodies semblent surgir du fond de ma mémoire tout en ne me souvenant plus comment elle y sont parvenues…Planant…
En fait, pas besoin de grands discours, Niño Rojo comprend 16 ballades, toutes de 2 à 3 minutes (à part Electric Heart, plus de 5 minutes) et prennent parfois l’allure de comptines comme « Wake up Little Sparrow » (Réveille-toi petit oiseau !), « Little Yellow Spider » ou encore « Water may walk ». J’avoue une petite préférence pour la piste 5, « A ribbon »…jouissif…Ok, chacun son truc ! Devendra Banhart fait partie de ceux qui n’hésitent pas à retranscrire dans leurs chansons tout ce qui leur passe par la tête…Un vrai gosse ce Devendra ! Un virtuose à l’âme d’enfant…D’où peut-être son originalité et sa position d’électron libre sur la scène musicale de l’année 2004.
Cerise sur le gâteau, sont inclues dans Niño Rojo 2 vidéos, histoire de découvrir qui se cache derrière ce nom aux origines indéterminées (si on mène sa petite enquête on découvrira qu’il a passé son enfance au Venezuela…). Et pour le clip du génial « At the Hop », la magie opère. Un véritable revival des années baba cool ! On jurerait que les images ont été tournées dans les années 1960. Mais non, on est bien en 2004 et Devendra Banhart est là, hippie ressuscité, assis en tailleur, la chevelure hirsute, la barbe longue à la JC, la chemise indienne mauve et la guitare à la main, entouré d’une bande de néo-baba cool, complètement allumés, comme lui, tout droit revenus des chemins de Katmandou…et c’est à ce moment là qu’on se demande « Mais qui c’est celui-là ? »