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My Own Private Alaska
La Maroquinerie - Janvier 2008

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Soirée Noise française à la Maroquinerie ce soir. Les vétérans bordelais de Sleeppers en tête d'affiche, avec Doppler et My Own Private Alaska (qui remplace les canadiens énervés de Vancouver). Une Maroquinerie plutôt bien remplie donc, pour 3 groupes aux styles différents mais complémentaires.

My Own Private Alaska (MOPA) ne ressemble à rien de ce que j'ai pu voir et entendre jusqu'à présent. Un chanteur, un pianiste et un batteur. Des hurlements hardcore déchirants, des mélodies piano , une rythmique de batterie omniprésente. 3 personnalités qui ont enfanté d'un OVNI musical. Une musique unique, mêlant émotion et puissance et rage dans un ensemble minimal savamment orchestré. Une démo est sortie, avec 4 titres en écoute sur leur page myspace.

Une attitude et un jeu scénique tout aussi surprenant. 3 gars assis, un vide au milieu (les espaces enneigés de l'Alaska ne sont plus loin) de la scène, 3 sphères vibrant à l'unisson, dans un rictus malsain et déchirant. Histoire de pousser le bouchon jusqu'au bout, le pianiste annonce sur une voix hésitante On a pas l'habitude de parler entre les morceaux alors finissons en maintenant, suivi formalités d'usage (remerciements au staff ...) avant d'entamer le concert, d'une traite donc tel. Une prestation tout à l'image de la démo, spontanée (comment ne pas avoir le ventre noué en photographiant le chanteur à moins d'1 mètre), glaciale, immédiate, traumatisante.

Autant dire que le nom du groupe ne tient en aucun cas du hasard tant l'exercice de style est personnel, à des milliers de kilomètres (en Alaska) de ce qui se fait actuellement sur la scène metal/hardcore. Le concert s'achève sur I am An Island, titre remuant dont les dernières secondes prennent la forme d'un corps à corps voix batterie, M. le chanteur s'arrachant la gorge à en saigner face à Y. le batteur dont la puissance ferait pâlir les plus gros bras ricains. Je suis sur le cul.

Je passerai assez vite sur Doppler, pas (plus??) assez réceptif après la claque MOPA. Dommage, le noise rock nerveux et complexe avait l'air efficace et le public répondait présent. Une prochaine fois, désolé.


J'avais vu Sleeppers à Dour en 2004, et j'avais gardé un souvenir tout particulier de ce concert, un tourbillon sonore, une violence assourdissante, une tension de tous les instants sur un set raccourci (45 minutes). L'alchimie, parfaite sur le format court festival (45 minutes) a + de mal à prendre sur un vrai concert en tête d'affiche. Et même si j'arrive à rester captivé par l'énergie des bordelais (entendons nous bien, un titre comme Undone reste un immense claque), une certaine lassitude s'installe au bout de l'heure passée. La formation gagnant en efficacité à nouveau vers la fin du concert, rejointe par Reuno (Lofofora) sur le titre Ruines. Agréable, mais trop long donc.


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