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Mondes Solidaires 2006
Fossoy - 02-03 juin 2006

Photo non disponible

Découvrez l’ambiance champêtre et conviviale d’un festival en progression où de grandes têtes d’affiches côtoient des découvertes. Direction les mondes solidaires à Fossoy ! Par Francois Dehurtevent & Manu Guidez.


Vendredi 2 juin 2006

13h00, ça y est, la semaine de travail terminée, place au week-end avec au programme le Festival des mondes solidaires – et quel programme mes amis !!! Ouverture du festival par les Tambours du Bronx, fermeture par les Hurlements d’Léo suivi de K2R Riddim et des têtes d’affiches telles que Simple Minds, les Têtes Raides ou alors H F Thiefaine. Que vouloir de plus ?

Vendredi 02/06 => le départ

Après avoir rassemblé mes effets personnels : un duvet, un chapeau, ma bite et mon couteau, récupéré mon ami photographe au passage et avoir fait le plein de mazout, nous voilà parti en direction de l’Aisne, vers Fossoy plus exactement, petit village entouré de collines verdoyantes et de jolis vignobles permettant de nous concocter ce fameux breuvage qu’est le champagne.

Le festival facile d’accès, nous a permis d’arriver sans misère et sous le soleil vers 16h00. Une énorme prairie adaptée pour l’occasion en parking accueille les festivaliers. Il n’y a pour l’instant pas foule, une série de camions s’installent en mini campement ce qui laisse présager une continuité de la fête après les concerts et vu les « loustiques » ça risque de balancer du gros son.
Bon nous n’allons pas rester plus longtemps sur le parking parce que le temps passe et malheureusement les concerts aussi. En effet on peut entendre au loin les Tambours du Bronx qui se mettent en action et toute la forêt a du frémir et s’exciter sur les rythmes et cris endiablés des percussionnistes … Comme ils disent : « ça sonne pas beau un bidon ? »


Que le festoch commence !!!

Dommage que le festival ait commencé si tôt, car c’est vrai, nous étions un peu frustré de ne pas voir les percussionnistes sur barils. D’ailleurs nous n’étions pas les seuls, la plupart des gens n’ayant pu arriver qu’en fin d’après midi du à la fois aux activités professionnels et au déplacement – Il aurait été préférable de programmer les Tambours du Bronx en soirée, mais on ne peut pas satisfaire tout le monde comme on dit !

Le camping était situé à 1 km du parking, et je peux vous dire que j’étais heureux de n’avoir que 2 sacs à emmener. Par contre de nombreuses personnes ont du faire 2, 3 aller-retour afin de récupérer toutes leurs affaires et apparemment ça ne les faisait pas trop rire, et oui un festival ça se mérite !!!
Intéressant de noter que le camping est gratuit, qu’il y a douches et toilettes nettoyés tous les jours et celui-ci a été nettement agrandi par rapport à l’année précédente ce qui fait que les tentes n’étaient pas les unes sur les autres comme l’on peut voir dans certains festivals.
Le temps de retrouver les amis, planter la tente, se réhydrater, nous voilà partis …

Le festival en lui même se situe dans une grande prairie avec une jolie ferme à proximité pour accueillir les artistes, la presse et autres convives. Les concerts se dérouleront durant les deux jours sur deux scènes, une grande en extérieur qui permet d’accueillir les festivaliers en fureur sans trop de compression et la deuxième beaucoup plus petite, sous un chapiteau, et là il ne faut pas avoir peur de jouer des coudes afin de pouvoir rester au devant de la scène.
Heureusement, les stands de bières et de restauration sont situés juste à côté des scènes, mais il ne faut pas trop s’y attarder si l’on ne veut rien louper de la programmation. En effet l’alternance des groupes sur les deux scènes était d’une efficacité remarquable, aucun temps morts entre deux concerts, cela donnant l’avantage non négligeable de pouvoir voir l’intégralité de la programmation.
Un point d’honneur au réseau de passerelles en bois disposées sur le site afin de rendre le festival facilement accessible aux personnes à mobilité réduite, ce que l’on ne voit que trop peu dans ce genre de manifestation.


Et la programmation alors !!!

Nous sommes arrivés sur la fin des Bombes 2 Bal et comme dit précédemment et avec grand regret nous avions loupé les Tambours du Bronx ainsi que le groupe picard Troupaganda qui eu l’honneur, mais difficile tâche d’ouvrir les festivités sous le chapiteau.


Bombes 2 Bal (Chapiteau) : L’accent toulousain au féminin

Nous arrivons donc sous le chapiteau pour les 3 derniers morceaux des Bombes 2 Bal. Ce collectif à l’accent toulousain ouvre parfaitement notre après midi et inaugure par la même occasion la longue soirée qui se profile. Le titre de leur album, « Danse avec ta grand-mère », illustre parfaitement ce que ces gentils fêtards cherchent à créer : une musique rassembleuse, capable en un seul refrain de réunir tous les ages confondus. Les paroles, les plus souvent simples, sont marquantes pour les esprits et il n’est pas rare de retrouver quelques festivaliers les reprendre jusqu’au bout de la nuit au camping « De l’ami bidule, c’est l’anniversaire, il n’est pas centenaire, ….. ». Lise (chant, tambourin) et Aurelie (chant, triangle) sont à l’origine du collectif, épaulées à leurs débuts par Claude Sicre des Fabulous Trobadors (qui les initient à un répertoire déjà existant), elles sont rejointes par Magali (chant, agogos), Martine (accordéon), Romain (zabumba, alfaia) et Karim (basse) pour maintenant rependre la fête et l’envie de danser partout ou ils passent.


Arthur H (Grande Scène) : Le rock crescendo

Arthur H succède aux Tambours du Bronx sur la grande scène. Le décors est à la fois sobre mais kitch : quatre miroirs de tailles et formes différentes avec des belles dorures sur les cadres. La curiosité m’envahie, ne connaissant de cet artiste que le fait, non négligeable, qu’il soit le fils de Jacques Higelin. Le premier contact est plutôt timide, les morceaux s’enchaînent scolairement et Arthur H rejoindra sur certains morceaux la banquette de son clavier. C’est environ après 30 minutes de concerts que la sauce commence à prendre. Pas facile de captiver le public à peine arrivant, en plein jour, et sous les premiers rayons de soleil de l’année, mais la seconde partie du set est d’un tout autre visage. Beaucoup plus rock, les visages se transforment et le quatuor s’active. La contrebasse fait entendre sa puissance sur les rifs électriques du guitariste. Arthur H est maintenant bien lancé, c’est un chanteur qu’il faudrait revoir en concert plus intimiste, et pas forcement en festival. Mais la découverte est la c’est aussi ça le but d’un festival !
En 16 ans de carrière, il aura sorti 6 albums, dont le dernier en 2005, « Adieu Tristesse » contenant un duo avec M, la participation de Feist et de papa Higelin.


Ilene Barnes (Chapiteau) : Trop de mélanges …

L’américaine Ilene Barnes enchaîne directement sous le chapiteau. N’en déplaise à certains, pas de temps morts, c’est le timing très précis du festival. Auteur-compositeur-interprète de toutes ses chansons, elle enchaîne les titres au chant et à la guitare « spooge » (son de guitare spécifiquement caribéen), accompagnée de 3 musiciens. Ses chansons un peu jazzy, sont difficiles à cerner. Ce métissage vient certainement de ses très nombreux voyages et de sa culture afro-américaine. Malgré sa voix imposante, ce melting-pot des genres ne nous emballera pas plus que ça et ce sera donc le moment choisi pour nous restaurer et reprendre des forces pour la longue soirée qui se dessine petit à petit.


Burning Spear (Grande Scène) : L’ambassadeur du rastafarisme

Début de soirée, les choses deviennent sérieuses et le gros du public est arrivé pour voir Burning Spear, une des grosses têtes d’affiche du festival.
Egal à lui même, il arrive sur scène, se met en action sous un tonnerre d’applaudissement et de cri : c’est parti pour 1h30 de roots, reggae music.
De façon calme, il alterne chant, danse et petits passages aux percus. Derrière lui ses musiciens peuvent et savent tout faire. Communier ensemble à l’unisson d’une même vibe, passer d’un rythme ska, modèle du genre, à un dub profond de très bonne facture. Certes les morceaux sont parfois un tantinet longuet (de 5 à 9 minutes) mais difficile, il faut le reconnaître, de faire du format radio quand on est sur une scène.
Le résultat attendu est là, les gens se laissent porter par ces rythmes tranquilles et sont réceptifs aux appels que lance Burning Spear.
Emblématique d’une lutte et d’un message qu’il ne cesse de prôner, lui, l’apôtre de Marcus Garvey et de l’African root revival, ne cesse de proclamer haut et fort « one aim, one god, one destiny » (un but, un dieu, un destin).
Un pur moment de bonheur …


Bumcello (Chapiteau)

Enchaînement avec Bumcello, composé de Cyril Atef aka [Boum : batterie, percu, sample, danse et voix] et Vincent Ségal aka [Chello : violoncelle, basse, sample, voix et percu : couilles de singe], ces deux artistes ont des parcours musicaux dont on pourrait faire un livre. Ensemble ou séparément, leur catalogue de collaborations est phénoménal (-M- bien sûr, dont ils sont la rythmique attitrée, Cesaria Evora, Ben Harper, Susheela Raman... ).
Inclassable au niveau style musical, la pluri musicalité est chez eux un art de vivre, lorsque nous sommes arrivés sous le chapiteau, les deux compères étaient déjà en action. Cyril à la batterie toujours avec son accoutrement original posait une base rythmique entraînante et régulière tandis que Vincent avec sa petite écharpe était occupé à poser des boucles funky.
A première vue, je ne les trouvais pas très motivé ni très motivant ce qui me surpris car habituellement ce sont de vraies piles électriques sur scènes. Mais heureusement pour nous cela ne dura pas trop longtemps et nos deux artistes retrouvèrent très vite leurs repères.
Maîtrisant parfaitement la boîte à boucle, on a très rapidement l’impression d’avoir une panoplie d’artiste sur scène. En effet, quand Cello joue, au bout d'un moment on croirait qu'il y a 3 ou 4 instruments à cordes sur scène ; quand Bum maltraite ses percus, on croirait qu'ils sont 5 ou 6 à jouer ensemble... Quand les deux se déchaînent en afro beat, on dirait que Femi Kuti et son big band sont déjà arrivés.
C’est parti pour un voyage musical, sur des débuts funky et des solos de guitares graisseuses (effectués au violoncelle évidemment) on passe très rapidement sur des sons venant de contrées lointaines telles que des rythmes hérités du compas haïtien, une voix qui s’inspire du chant des griots maliens, les steel drums trinidadiens qui apportent une fantaisie de cannelle et de vanille agrémentés de low funk, traversé de fulgurances électriques heavy metal, on peut dire que Buncello prend un malin plaisir à brouiller les pistes et il paraît que tout serait improvisé sur scène, peut-être ne le font-ils même pas exprès !!!

Petit bémol, même si leur prestation a été un succès, je les ai trouvé un peu moins inspirés que d’autres fois. Certes cela fait déjà 5-6 ans qu’ils tournent ensemble sur le même principe et je me demande si cela ne commence pas à les lasser ? Le futur nous le dira.


Femi Kuti (Grande Scène) : Le prince de l’afro beat

Femi Kuti enflamme la grande scène des les premières notes. Ma « petite » culture musicale faisait de ce grand artiste un inconnu à mon répertoire mais il n’est autre que le fils aîné de Fela (Fela Ransome Kuti), chanteur, saxophoniste, chef d'orchestre et homme politique nigérian. Femi s’acquitte à merveille de cet héritage, cela dans un mélange de détermination et de fatalisme. Inévitablement engagé politiquement, le nom de son groupe se nommant "Positive Force" le montre bien.
Musicalement, il métisse le son afro-beat de musiques électroniques, tout en maintenant la tradition et les instruments plus classiques. Il faut dire qu’il tenait le saxo soprano dans la tournée entreprise par Fela en 1981 et qu’il l’a remplacé au pied levé sur la scène de l’Hollywood Bowl de Los Angeles en 1985 (Fela s’étant fait arrêter par les policiers nigérians juste au moment de monter dans l’avion). Il maîtrise toute la panoplie des saxophones, au grès des morceaux il en utilisera 5 différents (alto, soprano, etc …) et arrive tout de même à assurer le chant. Pour la voix il est très bien soutenu par ses trois charmantes choristes dont les déhanchements font tourner la tête des premiers rangs.
Quelle énergie ! Femi Kuti est une pile électrique, il saute, danse, chante, joue du saxo en balayant la scène méthodiquement. Aucun temps mort au cours des 1h30 du set, les morceaux s’enchaînent à 100 à l’heure, ce qui est non sans rappeler un certain Manu Chao : tout simplement une course contre le rythme.


Big Mama (Chapiteau) : Un cocktail "rock-reggae-punk"

La nuit est maintenant noire et étoilée, quel bonheur d’être au milieu de verts pâturages avec uniquement les étoiles au dessus de soi. C’est le moment choisi par Big Mama pour nous offrir son fameux cocktail "rock-reggae-punk". La couleur des morceaux a changé au fil du temps : plus dense, plus brute, plus simple ! Le set est relativement court pour un groupe qui passe en fin de journée (dernier groupe sous le chapiteau) mais le principal sera assuré ! Les 7 lascars ont tranché dans le vif de leur dernier opus « Rock 'n' roll karma » pour n’en garder que la sève. A noter une reprise de Peter Tosh (une version dynamitée d’"Equal Rights") et la version très énergique de « Commun comme eux », morceau que l’on peut d’ailleurs retrouver sur la compilation « Rock autopsie » créée et mise en ligne par la mygale !


Mass hysteria (Grande scène) : Dans le cerveau !

Un groupe à ne plus présenter évoluant dans un style rock, métal, avec une base hardcore surplombée de gros riffs de guitare. Une bonne fin de programme pour terminer la première soirée afin que le public donne ses dernières forces dans les pogos endiablés.
Ils alternent les morceaux de tous leurs albums : le dernier (celui que j'aime le moins ; "L'emo-clef","La démesure", "Intérieur à revoir"...), De Cercle en Cercle ("Remède", "Coup 2 mass"...), Contradiction (mon préféré!"Contradiction", "Zion", "P4", "Aimable à souhait"). Bien évidemment le premier album (Le Bien être et la Paix) avait également sa place notamment avec "Mass Protect", "Donnez vous la peine" et le génial "Respect to the Dancefloor". Mais à tous les furieux et furieuses, comme dit si bien Mouss le chanteur, je dois vous dire que Mass Hysteria n'est plus tout à fait celui qui a fait chavirer, jumper des salles entières. Effectivement, son discours assez démago sur l'amour, la haine, la police n'incite guère les fans de la Mass à se jeter dans la fosse et on entendait même le public siffler ses interlocutions. J’ai une impression que la Mass joue maintenant sur un répertoire plutôt commercial, heureusement qu’ils ont un bon historique derrière eux ce qui nous a fait passer tout de même un excellent moment.


Nuit camping

Les concerts sont terminés mais la fête n’est pas finie pour autant, car en effet pour ceux qui aiment le gros son hardcore il y a encore possibilité de faire la fête jusqu’au petit matin sur les parking. De bonnes installations se sont implantées mais la diversité du son reste tout de même limitée.
Dans le camping place à l’esprit festif et convivial, les percussions sont au rendez vous et se feront entendre jusqu’au petit matin. Une bonne partie du camping est encore en activité et certains remettent une couche de charbon dans les barbecues afin de se ressourcer, d’autres plus très frais ont du mal à se frayer un chemin à travers les tentes et les gamelles non maîtrisées de certains individus ayant perdu leur centre de gravité ont du surprendre quelques personnes dans leur sommeil (j’en sais quelque chose !)
Pour ma part la matinée de boulot et le festival m’ont bien usé et je pars rejoindre mon fidèle photographe pour pouvoir profiter pleinement du lendemain.




Samedi 3 juin 2006

Samedi début de journée

Agréable réveil vers 10h00 avec le soleil et la chaleur au rendez vous. Prise du petit déjeuner tranquille puis petite ballade dans le camping. Là, on pouvait toujours sentir les odeurs de barbecue et également voir des festivaliers déjà à l’apéro et d’autres bien dans le dodo oubliant même qu’ils avaient une tente.
Les concerts reprennent vers 15h00 ce qui laisse le temps de se poser tranquillement, faire la sieste, se balader dans le petit village, des activités tranquilles quoi !! avant de retourner dans l’arène endiablée du festival.


Brice Kapel (Chapiteau)

Nous revoilà à nouveau sur le site et quoi de mieux que de commencer par un groupe bon enfant du style world music avec des influences reggae, pop, rock, ballades celtes.
Ce chanteur pour enfant, d'origine togolaise, célèbre pour son pays imaginaire de Coloricocola est charismatique et très présent sur scène. Il chante, danse et fait participer activement la foule. Ses musiciens et ses deux danseuses très colorées se mêlent facilement à son jeu ce qui donne une harmonie agréable et un ensemble captivant.
Le public est assez restreint car beaucoup sont encore au camping, dommage pour eux car ce Brice Kapel est un grand monsieur qui fait partager les valeurs du respect à travers ses chansons, un être humain bourré de talents et un bel exemple de solidarité car il reverser a une partie de son cachet à l'association, contrairement aux autres artistes qui ont tout de même négocié dans le sens du projet humanitaire.


Les Têtes Raides (Grande Scène) le premier pogo !

Le premier concert de la journée sur la grande scène est pour les Têtes Raides. Groupe qu’on ne présente plus, ce sont des routards des scènes. Pour les néophytes leur univers peut être assez difficile à cerner sur le début du set, les lentes chansons à texte s’entremêlent avec des pics d’énergie mais que l’on ne s’y trompe pas une voix grave assure le frisson, une musique faussement simplette accompagne des textes parfois brutal avec un humour omniprésent. C’est cette poésie cuivrée qui finit par capter toute l’assistance (pourtant au tout début de la journée). Leur discours sera évidemment politiquement orienté en incitant le public à signer une pétition à la fin du concert, mais peut-on leur reprocher d’être fidèle à eux même ? Non pas même après plus de 10 ans de scène et presque autant d’albums !
C’est sur le rappel que les « choses sérieuses » vont être lancée. Un inévitable « Ginette » fera valser toute la plaine et le refrain rageur de « L’iditenté » déclenchera naturellement le premier pogo ! Ce type de « danse » collective est souvent convenu dans certains types de concerts, mais ici en plein après midi c’est uniquement le plaisir d’être ensemble et la qualité de la prestation musicale qui déchaîneront naturellement la foule.
Alors que raisonne encore dans nos oreilles « Que paris est beau quand chantent les oiseaux, que paris est laid quand on se croit français ! », le ton décidément festif est donné à la journée !


Oldelaf & monsieur D (Chapiteau)

Que dire de ce groupe du fait qu’on a moitié raté car nous étions en train de nous faire une petite bouffe au camping, parce que les concerts c’est bien beau mais c’est que ça creuse tout ça … Bon je vais essayer de vous résumer rapido ce qu’est ce groupe car apparemment ces joyeux drilles de la chanson française sont assez dégantés et le public a bien apprécié leur style.
Ce groupe qui fait de la chanson humoristique, euh, non, plutôt du théâtre mis en chanson … Bref, ce groupe qui est à la frontière entre plusieurs choses propose le spectacle le plus incroyable depuis la découverte du radium par Pierre et Marie Curie en 1910. Un show pyrotechnique de près de 7 heures … enfin d’1h30 mais super concentré, avec des guitares, des poubelles-bassines, des pianos-toys, des ukulélés, des gros ours ; des percussions, des mexicains, des synthés, des pitbulls, des Miss Roussos et j’en oublie… Leur Style ? Du Henri Death-Métal ! Non, du Rock’n Drôle ! Non, plutôt du Swing-Minouche ! Je ne sais pas, je ne sais plus …
En tout cas, s’il passe près de chez vous, n’hésitez pas à aller les voir – ce sera un pur instant de drôlerie !!!


HF Thiefaine (grande scène) Président en 2007 ?

Grand nom de la scène rock française, je le connaissais que de nom mais je n’avais jamais vraiment écouté ses chansons et je peux vous dire que je suis content d’avoir pu assister à l’un de ses concerts. Ses chansons n’expriment pas pleinement le bonheur, et l’artiste sur scène n’est pas des plus souriant mais son charisme donne une réelle intensité qu’il arrive à partager facilement avec son public. De plus des vrais fans étaient venus spécialement pour lui et ils n’ont pas été déçus.
Presque deux heures de spectacle intensif durant lesquelles il a enchaîné ses grands classiques tels que « La fille du coupeur de joint », « Narcisse81 » ou alors « Alligators 427 », cependant deux ou trois morceaux vers le milieu du concert étaient un peu soporifiques mais on peut lui pardonner car il a vraiment réussi à poser son ambiance.
Cette nouvelle tournée lui permet également de nous présenter son quatorzième album dans lequel il a composé de nouvelles chansons avec JP Nataf, Mickey 3D, Cali, Frederic Lo, Roberto Briot, Jérémie Kiesling ou Elista. Les vieux fans parlent de résurrection, oubliant les explorations originelles, les contre-pieds visionnaires de Thiefaine et apportant un rayon de soleil dans son monde un peu sombre.
A la fin du concert, après un deuxième rappel il revient sur le devant de la scène et se lance dans un débat politique ou il nous annonce qu’il est prêt à se présenter aux élections de 2007. Personnellement je n’ai pas trop suivi son programme car j’attendais avec impatience GUEM sous le chapiteau.


Guem (Chapiteau)

Amateur de percussions je ne peux être que fan et ce moment était fort attendu de ma part. Petite présentation de cet artiste d’origine algérienne qui arrive en France dans les années 60, à l’age de 16 ans pour entamer une carrière de footballeur professionnel mais il s’aperçoit très vite que son avenir est intimement lié aux percussions.
Pendant un temps, il accompagne la fine fleur des jazzmen français et américains et s’essaie également à la variété. Mais rapidement, il en a assez de faire des tournées où le percussionniste est considéré comme la treizième roue du carrosse et commence alors à monter des spectacles qui ne laissent parler que les congas, bongos, djembés, doum-doum et autre darbouka. En trente ans de carrière, il s’est intéressé aux rythmes du monde entier et maîtrise maintenant quasiment tous les instruments de percussions.
En fait tout le monde le connaît, au moins par le générique de l’émission tv « Ca se discute », avec le célèbre morceau « Le serpent ». Cet artiste universel reste ouvert non seulement aux percussions de tous horizons mais également au métissage des genres à travers ses différentes collaborations avec des artistes de musiques électroniques.

Et le concert alors ? On pourrait le résumer en un seul mot : Magique ! Son arrivée sur scène fut timide, comme à son habitude. Seul, il commence à nous faire une démonstration avec son air calme et paisible sur trois djembés au devant de la scène. La montée crescendo du tempo se fait assez rapidement jusqu’à atteindre des rythmes captivants et endiablés. Et attention, ce n’est que l’échauffement car lorsque ces quatre compères prennent place sur scène et entrent dans son jeu, les rythmes se transforment en une mélodie transcendante. Pour l’accompagner rien de plus qu’une batterie, 5 congas et un ensemble de 3 dum-dum muni d’une cloche, tout cela permettant de faire tourner une solide rythmique de base. Là-dessus ajoutez un soliste d’exception et Guem, excellant tous deux dans des jeux de questions réponses et des phrases à ne plus trouver le point.
Ce qui est surprenant avec Guem, c’est qu’il est de nature très timide mais face à ses instruments il ne se lasse pas de faire de petits jeux d’expressions scéniques agrémentés de pas de danse qui lui sont caractéristiques (et que je trouve assez comique). Il tourne régulièrement sur les différents instruments et au milieu du concert se retrouve à nouveau seul face au public. En fait pas si seul que ça car la darbouka sous le coude le voilà parti dans un monde totalement imaginaire. La main à l’intérieur de l’instrument, il lance une mélodie imperceptible à l’œil nu et de l’autre commence à faire un ballait chorégraphie qui permet au spectateur de se perdre dans son imagination, une prestation grandiose.
Malheureusement son set fut de courte durée, à peine 1 heure de transe musical avec une fin de concert explosive laissant chacun de ses musiciens s’exprimer en avant du rythme et son élève soliste partir sur des solos dignes des grands maîtres djembefolas.


Simple Minds (Grande Scène) La classe des grands !

Nous ne sommes qu’au milieu de la journée et avons déjà vu beaucoup de choses mais le meilleur reste à venir …
Simple Minds est présenté comme LA tête d’affiche, mais je ne connaissais Simple Minds que de réputation et n’avais jamais eu la curiosité de me plonger dans leur musique, mis à part évidemment les tubes radio. Quelle erreur ! Que dire des 1h45 passées en compagnie des écossais ? Un pur régal !
Ce sont de vrai artistes avec une signature à laquelle seuls les très grands peuvent prétendre et pour cause : né dans les rues de Glasgow au début des années 80, Simple Minds est rapidement devenu le plus populaire des groupes écossais, une formation de classe internationale dont les concerts aux quatre coins de la planète affichent régulièrement complet ! C’est donc une chance de les avoir au programme pour une de leur trop rares dates françaises. Des fans sont venus de toute la France spécialement pour ce concert. Ils sont au premier rang depuis quelques heures déjà, pour être certain de ne rien manquer.
Jim Kerr le chanteur, co-fondateurs de Simple Minds (avec Charlie Burchill le guitariste) entre en scène. A la fois simple et sympathique il adresse un salut particulier aux fans du premier rang (qui le lui rende bien). Le set commence par quelques morceaux de leur nouvel opus « Black & White 050505 », puis ce sont les tubes qui s’enchaînent.
Pas de jeu de scène extravagant mais un charisme naturel et une proximité avec le public. Ce qui m’a scotché est le son qu’ils produisent. Une justesse extrême de chaque ligne musicale, le tout très bien mis en valeur par une sono parfaitement réglée.
Le airs envoûtant tels que « Someone Somewhere In Summertime » ou « Don't You Forget About Me » prennent toute leur splendeur en plein air, au beau milieu des coteaux de vignes. Chacun ressent et vie la musique à sa façon : en dansant, ou plus en retrait dans le gazon ou encore déchaîné dans la fosse, mais tout le monde est captivé et reprend les refrains en choeur

Nous venons de vivre un grand moment de musique avec déjà l’envie de les revoir, pourquoi pas dans un stade en France ?


Raul Paz (Chapiteau)

Pour ceux qui ne connaissent pas Raul Paz, il s’agit d’un musicien cubain né en 1969 dans la province de Pinar del Rio, à l’ouest de Cuba. Sa musique axées vers la salsa se mêle également à une vaste variété de climats : pop, dub, caraïbes ou un brin hip-hop. Mais l’important n’est pas là. Ce musicien, basé en France, plonge les spectateurs dans un bain d’émotion. Tendre, mélancolique, taquin ou complice, Raul Paz mène la danse avec une humanité qui fait vite oublier la barrière du langage.


Yuri Buenaventura (Grande Scène) Salsa par ici !

Depuis dix ans, le chanteur colombien a été l’artisan du renouveau de la salsa et de sa consécration à l’échelle planétaire. Le succès de sa version latino de « Ne Me Quitte Pas » de Jacques Brel aidant, il a conquis les scènes les plus prestigieuses,
Son nouvel album « Salsa Dura » nous ramène à Cali, dans l’ouest de la Colombie, région où Yuri a grandi. C’est également de cette région que sont originaires ses musiciens. Une équipe construite avec tant de soin qu’elle n’a guère changée depuis ses débuts. C’est ce sens du collectif qui est frappant sur scène, les cuivres répondent au chant, alors que le piano s’interpose, puis ce sont les percussions qui ont le mot de la fin. C’est la fusion de cet ensemble qui forge l’âme de la Salsa et de la musique de Yuri Buenaventura.


Les Hurlements d’Leo (Chapiteau) Faites tourner la ritournelle …

Le concert était essentiellement axés sur leur nouvel album « Temps suspendu » qui est un peu plus calme mais où l’on retrouve une énergie plus rock que jamais, plus pertinente avec des convictions musicales plus assumées.
A peine monté sur scène, aller hop les cuivres annoncent la partie, Laurent le chanteur dans un fauteuil roulant, suite à une triple fracture de la jambe début mai, lance la chanson à la guitare. Et là une heure de pur plaisir se déroule. Avec un pogo anthologique, amorcés par un écartement central du public de 1 m de large, le groupe donne l’impulsion musicale sur du gros rock pour la confrontation des deux parties, et là attention chaud devant !!!
Dommage qu’il n’y ait pas eu plus de reprises de leurs anciens albums, ce qui aurait peut être permis de faire réagir un peu plus le public.


K2R Riddim (Grande scène) clôture du festival …

Bienvenue dans le monde de K2R Riddim, rien de tel pour faire une clôture de festival haut en couleurs. Ce collectif rayonnant de bonheur, vieux routiers du reggae français (10 ans d’existence), nous fait vivre un pur moment de convivialité, simplement à travers leur musique ska, rocksteady et ragga.
Pour tout ceux qui connaissaient déjà K2R auparavant, oubliez tout ce que vous avez pu entendre d’eux jusque là. Dans leur premier album – « Carnets de Roots » -, et a fortiori dans son 7 titres live, on sentait le groupe taillé pour jouer sur scène. Epanoui dans sa volonté de partager avec le public les émotions d’un reggae qu’il égrène avec passion. Changement de décor, cette fois-ci, avec leur nouveau titre de l’album "Appel d’R". Un nouveau son, plus léché, travaillé en studio avec de très bonnes compositions, puissantes, variées (reggae, ska, dub, ragga), inspirées, accessibles à tous et non réservées aux uniques amateurs du genre. De la bonne musique tout simplement.
A voir le public, celui-ci était aux anges, se dandinant inlassablement, le smiley au bord des lèvres, tout le monde veut profiter au maximum, oubliant la fatigue des deux jours. Et cela n’échappe pas aux vieux briscards de K2R qui vont vraiment donner tout ce qu’ils ont durant presque deux heures. Ils invitent Laurent le chanteur des HDL, à lancer un ragga ravageur.
L’organisateur du festival vient sur scène annoncer le bilan positif du festival avec cependant un peu moins de monde que l’an dernier mais avec des festivaliers toujours aussi festifs et réceptifs, nous remerciant de notre participation, ils nous invitent à rester libres, libres dans nos pensées, libres dans nos choix, libres dans nos expressions et surtout de ne pas perdre cette notion qui à tendance à être plus ou moins détournées. Ensuite il félicite les intermittents du spectacle qui ont participé au festival et plus généralement spécifie la dureté du métier et des barrières qui se montent contre eux, mais le tout est de ne pas lâcher prise et de se rassembler encore plus nombreux pour montrer l’importance de cette culture. Cette culture qui comme le festival des Mondes Solidaires reste utile et ludique, où des fonds sont récoltés pour des actions organisées pour tous et plus particulièrement pour ceux qui en ont réellement besoin.
Après une ovation méritée, celui-ci laisse à nouveau la place aux K2R qui terminent le festival comme ils l’ont commencé. Une chaleur humaniste monte de toute part et le but du festival touche à son accomplissement …




Au final ce festival pour quoi ????

L'année dernière, une partie des bénéfices (quelque 19.000 entrées payantes), à savoir 15.000 euros, ont financé le développement de la culture maraîchère à Sakoïba près de Ségou (puits, pompes mécaniques, système d'irrigation...), selon Didier Dugand, vice-président de l'association Les mondes solidaires organisatrice du festival.
Née en 2002, un an après les grandes inondations dans la Somme, l'idée de ce festival est partie "d'un constat alarmant" : trop d'eau ici, pas assez en Afrique.
Cette cinquième édition permettra de financer un projet d'irrigation au Mali. Je vous invite à aller sur le site du festival qui présente l’association et le détail des projets qui sont menés.
http://www.festival-mondes-solidaires.com




Un grand merci à François Dehurtevent (francois.dehurtevent@laposte.net) & Manu Guidez pour la rédaction de la chronique, et photos du festival. Du beau boulot !


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