Eurockéennes 2005 (1) Belfort - Vendredi 1° juillet
Ils sont venus ils sont tous là, la mygale était présente en force pour ne rien rater de la 17° édition des Eurockéennes de Belfort les 1, 2 et 3 juillet dernier sur la presqu’île du Malsaucy. Résultat un reportage en 3 actes avec OscarTramor et Anslab aux commandes. Plein feux sur le vendredi avec entre autres QOTSA, NIN, Chemical Brothers, Emilie Simon...
Un amour de jeunesse
Anslab : Grand amour de jeunesse que les Eurockéennes. Quelle joie de pouvoir se rouler dans l’herbe en écoutant un gros concert de métal. Cette année encore les aficionados du genre auront été ravis (avec OscarTramor on s’était fixé la difficile mission de faire un truc innovant et original mais bon on va déjà essayer de pas faire cette page trois mois après le festival ça sera déjà pas mal…). Arrivé comme à mon habitude environ une demi heure après le début des concerts (le temps de passer par la tente de presse histoire de voir si il y a pas deux trois trucs a piquer et de me faire badger pour avoir le droit de faire chier les photographes professionnels avec mon appareil ridicule (vous l’aurez compris, il n’est question ici que de mon appareil photo, ne vous méprenez pas…). Grand beau temps pour la presqu’ile du Malsaucy, comprenez ici que j’ai n'ai pas eu peur toute la nuit que ma tente s’envole ou ne finisse innondée et surtout que sur la quasi-totalité du site (particulièrement a coté du chapiteau), une fine couche de boue (a peu près deux centimètres quand même) nous fera profiter de ses vertus dermatologiques… Après m’être levé donc et avoir accompli mes soins d’hygiène bucco-dentaire (je sais que vous en avez rien a foutre mais ça m’amuse d’écrire un paragraphe pour ne rien dire, je remercie d’ailleurs les gens qui lisent mes premiers paragraphes et ne passent pas directement a la suite en gromellant “mais qu’il est con celui-là“) je m’en vais gaiement vers le site, enjambant les quelques 1 500 traverses de chemin de fer qui m’en séparent (ce n’est pas le fruit d’un comptage précis mais d’un évaluation en comptant le nombre de traverse par rail et le nombre de rails…)….
OT : Petite présentation des lieux si magiques. Première impression, on respire le bon air et il fait bon vivre sur cette terre, j'essaie de m'imaginer quelques années auparavant lors des mythiques éditions 1997, 2002, 2003... ou d'humecter les bonnes ondes présentes sur ce territoire qui a vu tant d'artistes fouler sa terre sablonneuse. Ce sentiment ne me quittera pas du week end "Pourquoi n'y suis je pas allé plus tôt?!". Revenons aux lieux ! La presqu’île est finalement assez grande et sa mise en valeur par les diverses scènes est fort bien pensée, aucune ne gène l'autre, et le flux des spectateurs bien géré pour garantir le moins possible d'embouteillage entre 2 shows. On peut donc passer d'une scène à l'autre en très peu de temps, ce qui est un sérieux atout pour ne louper que le moins possible des concerts. Et devant l'affiche gargantuesque de cette année, il n'en fallait pas moins ! Il y a même une multitude de coins un peu à l'écart pour ceux qui veulent reposer leurs oreilles ou leurs jambes qui vont en endurer des décibels ou kilomètres ces 3 jours.
L'air est bon, les lieux sont superbes, l'emplacement des scènes au poil, place aux spectacles.
2005, l'année des créations.
OT : Venons en aux créations 2005. Les Eurockéennes, dans un souci de proposer quelque chose de différent des autres festivals, qui tendent plus à se cloner qu'à se diversifier, ont mis à l'affiche 3 créations uniques pour l'édition 2005. Emilie Simon avec La Synfonietta de l'Ecole Nationale de musique et de danse de Belfort et les Percussions Claviers de Lyon pour le vendredi soir, l'étonnante rencontre entre 2 univers atypiques et assez éloignés de Nosfell et d'Ez3kiel le samedi. Enfin, la dernière création, le duo Bumcello, princes de l'improvisation pour 3 concerts associé à diverses gloires Stanley Beckford, Shalom et Seb Martel pour le vendredi, Chocolate Genius et Susheela Raman le samedi, Omar Hayat, Mama Ohanja, et Seb Martel en guise de 3ème concert. Pari risqué mais au combien méritant.
Le melting pop de The Go ! Team
Anslab : J’arrive à temps pour assister à l’entrée en scène de The Go! Team (qui sera donc pour moi le groupe d’ouverture de ces 17e Eurockéennes). Ces 6 jeunes gens nous servent une pop dynamique matinée de rap-soul-funk-rock un bon gros melting pop en somme (j’avoue être assez fier de celui là, je le ressortirai probablement), le genre de bon gros truc bien festif qui vous fait sautiller tout seul. L’unique problème viendra de la chanteuse (jeune personne au reste fort avenantee et physiquement très intelligente) qui croira bon de répéter toutes les trente secondes We are the Go! Team, le nom du groupe allant jusqu’à se glisser subrepticement dans les paroles des chansons… Si on parvient a faire abstraction de ce petit détail pas franchement gênant en soi, on passe un agréable moment en compagnie de ces 6 jeunes gens au demeurant fort sympathiques mais pas non plus de quoi laisser un souvenir imperceptible, le genre de petit hors-d’œuvre qui passe très bien en début de repas mais qui ne contente pas son homme. Histoire de pas mourir (complètement) con, je zappe un bout du concert pour aller voir Blumen, le groupe qui a fait effectivement l’ouverture (et qui accessoirement a remporté le tremplin Bourgogne). Pour vous situer la chose imaginez The Gathering (pas le jeu de cartes pour adolescents boutonneux, le groupe de metal) (afin de ne vexer personne je me vois contraint de souligner que moi aussi j’ai joué a Magic quand j’étais un ado boutonneux….) et remplacez la chanteuse par la copine gothos de Daria (le personnage de dessin animé). Ca doit probablement rien vous dire comme ça mais j’ai vraiment trouvé qu’elle lui ressemblait. A mon grand regret, je n’ai vu que les 5 dernières minutes du set. J’aurai aimé en voir plus tant le peu que j’ai entendu m’a scotché. Comment trouver les mots… Boulversifiant me semble bien mais bon bien sûr tout cela reste gustanciel…
Kaizers Ochestra, le rock venu du froid
Bon c’est pas tout ça mais après avoir manqué deux demi-concerts, je me dirige sur mes petites jambes vers la grande scène pour ne pas manquer le groupe qui va avoir l’honneur de l’ouvrir, Kaizers Orchestra. Qualifié de “Tom Waits venus du froid“, Kaizers Orchestra a enflammé le public groupé en masse devant la grande scène au rythme de son rock mâtiné de folk et de sonorités tziganes, le tout servi dans une langue à laquelle je ne comprends strictement rien mais qui va très bien à chanter ! Une vraie déferlante qui va secouer la presqu’île du Malsaucy, réveiller ceux qui n’étaient pas encore au courant : les Eurockéennes 2005 ont bel et bien commencé ! Malgré un set d’une petite heure seulement, les 5 scandinaves n’ont laissé personne indemne. L’enchaînement Bloc Party-Queens Of The Stone Age qui suit s’annonce chaud-bouillant tant le public Eurockéen s’est montré pressé d’en découdre et plus que jamais plein de cette énergie qu’on lui connaît.
QOTSA 2 – Bloc Party 0
Anslab : Bloc Party suivra immédiatement sous un chapiteau plein à craquer. S’étant déjà formé une solide réputation de groupe de scène, issu de la scène indie d’outre-manche, le combo emmené par le charismatique Kele Okereke a un peu déçu le public venu en nombre. Certes, on pourra dire que le son était pas top (c’est vrai aussi que sonoriser le chapiteau est, par construction, une chose pas super facile) mais la prestation du quartet britannique avait quand même de quoi rester un peu sur sa faim. Une impression de trop ou trop peu. Pas assez dynamique pour emmener le public mais suffisamment pour donner envie de quelque chose de plus. Malgré les efforts du chanteur guitariste pour faire monter la sauce, le public ressortira globalement déçu. Mais pour un temps seulement car voilà que sur la grande scène arrivent les Queens Of The Stone Age. Récemment séparés du bassiste emblématique du groupe, Nick Oliveri, le combo emmené de main de maître par Josh Homme (que les plus courageux ont retrouvé quelques heures plus tard sur la Loggia avec les Eagles Of Death Metal) est venu (sans Dave Grohl) défendre son dernier opus : Lullabies To Paralyse.
Resté sur ma faim après un Bloc Party pourtant prometteur, la claque que je me suis pris est d’une magnitude d’au moins 6.9. Avant le concert, j’avais pu profiter de la conf de presse du rouquin et de ces compères, Josh en avait profiter pour nous lâcher quelques perles : (en ré-affirmant son amour du blues :) " le rendre actuel et non pas pour faire du rétro comme Robert Cray". Avant de conclure magistralement par un "il faut déclaptoniser le blues". Arrivée sur scène majestueuse, on va enfin pouvoir voir si le remplaçant de Mr Nick, un gros barbu tatoué jusqu’au nombril (et non, moi aussi j’ai été très déçu en apprenant que la sympathique octogénaire que l’on a vu jammer avec le groupe n’a pas été retenue pour tenir la 4-cordes…) assure autant que son prédécesseur. C’est là que le bât peut blesser les fans les plus intégristes. Pour beaucoup, Oliveri apparaissait comme une pierre angulaire du processus de création du groupe. Après son départ, la formation semble beaucoup plus axée autour de la forte personnalité de Josh Homme. Sur le long terme je ne peux pas me prononcer mais force est de constater que pour l’instant, on en prend pour son grade. Les guitares à fond les ballons, distordues et bancales crachent à qui mieux mieux. Si les nouveaux morceaux n’ont pas su déchaîner le public (encore que), il a suffit aux quatre poilus de lancer quelques Songs for The Deaf aiguisées et acérées comme jamais pour réveiller toute la fureur des guitares. On prend aussi beaucoup de plaisir à observer à l’œuvre la claviériste-vocaliste du groupe, un genre d’Angelina Jolie punk… Servant sur un plateau d’argent tout ce que le public attend de lui, Josh Homme enchaîne les riffs affutés et surchauffés, avant de revenir pour un ultime No One Knows qui finira d’enfoncer le clou. Rendez-vous est pris 2h30 plus tard avec le même Josh Homme pour le set des Eagles Of Death Metal.
La symphonie selon Emilie.
OT : Première création du festival à se produire : Emilie Simon accompagnée de la Synfonietta et du quintet percussionnistes et claviers. L'attirail déployé sur scène est grandiose, les 5 marimbas se mêlent à la quarantaine de personnes de l'orchestre à corde, assez impressionné pour le coup mais qui s'en sortira à merveille tout au long de la prestation. Parmi les nombreux musiciens de la miss, il y a aussi une harpiste, une sorte d'instrument des plus curieux, des lames des verre, qui lorsqu'on les caresse émettent un son assez intéressant et qui apporte beaucoup au spectacle, un duo touche à tout, qui s'exerce sur divers instruments, un cercle qui produit à peu près le même effet que les ondes martenots, et le traditionnel trio batterie, basse, guitares. De multiples autres appendices seront présents afin d'agrémenter la musique déjà riche d'Emilie : des verres s'entrechoquant, une soucoupe d'eau... Un concert sous le signe de la diversité sonore.
Après une intro instrumentale, la fée Emilie arrive dans un costume ravissant, digne des plus beaux contes, sous un tonnerre d'applaudissement. Le concert tanguera du coté de "La marche de l'empereur", son dernier album, bande originale du film du même nom et du premier, éponyme, qui récolta une victoire de la musique bien méritée tant le talent de la jeune artiste est flagrant. La gamme de la montpelliéraine n'est pas sans rappeler celle d'une célèbre islandaise (Bjork pour ne pas la citer), mais la sauce française prend tout autant, et c'est avec grand plaisir qu'on écoute attentivement sa divine voix nous caresser chaleureusement les sens. Sans nul doute, l'apport des nombreux instruments, des diverses expérimentations sonores et de l'orchestre à corde aura été un précieux atout pour s'accaparer l'auditoire venu en masse admirer le beau spectacle offert ce soir là et augmenter la dose d'émotion ressentie. Cette création tiendra toutes ses promesses, et aura satisfait le plus grand nombre. Les quelques 75 minutes passées en sa tendre compagnie seront des plus agréable et tranchera avec le reste de ce qu'on a pu entendre ce week end, un peu de douceur ne fait jamais de mal !
La spirale indus’ de nouveau sur les terres de Belfort.
OT : On ne peut pas dire que les Nine Inch Nails n'étaient pas attendus sur la grande scène au vu de la population présente, fans hardcore comme des gens avides de découverte. La seconde grosse tête d'affiche de la soirée n'est pas venue pour se distraire, et entend bien nous le faire savoir à coup de gros riffs ravageurs et de leur son indus' caractéristique.
Les américains piocheront allégrement dans leur discothèque pour nous balancer en pleine poire les bombes tirées de "The downward spiral", de "Broken", ou de leur dernier opus "With teeth", et même le coté mélancolique de "The fragile". Trent Reznor, charismatique leader, s'évertue, à corps et à cri, à propager ses chansons, en ne ménageant pas ses efforts malgré la chaleur (preuve en est son visage dégoulinant de sueur), pour convaincre qu'ils ne sont pas sur le déclin. Et on est convaincu sans peine devant la débauche d'énergie ou de douceur c’est selon. Le guitariste n'est pas en reste question mouvements sur scène et occupe l'espace alloué avec délectation. Carré, intransigeant, en force, le set est rodé et efficace. Trent mènera son équipe de main de maître pour notre plus grand plaisir. Tout se digère sans le moindre effort ou problème et c'est avec un certain plaisir que la masse des spectateurs les remercie chaleureusement du show qu'ils viennent d'exécuter à la perfection.
La balance était idéale, le son tout bonnement mixé, rien n'a été laissé à au hasard. Un très fort pourcentage aura ressenti le retour de claque confirmant la qualité de ce que l'on vient de voir. Ca commence très fort !
La fureur d’Eagles Of Death Metal
Anslab : Dirigeons nous vers la Loggia pour le set des Aigles Du Death Metal… Tout un programme pour un groupe qui joue plutôt dans un registre Rockabilly aux subtils reflets country… Dès son entrée sur scène le guitariste réaffirme ce que tout le monde sait déjà : si tout un chacun a été tenté d’apprendre à jouer de la guitare (et moi le premier, je le confesse) c’est pour une seule et bonne raison : pour draguer des gonzesses. Entamant le set par une séance de coiffure de bien 5 minutes, le beau gosse et ses trois compagnons vont nous offrir ni plus ni moins que ce qu’on attend d’eux : un bon gros lâchage. La palme revenant à la batteuse, plantureuse blonde qui balance ses bras comme des battoirs dans tous les sens (rarement sur ses toms d’ailleurs), le visage constamment crispée dans une expression pour le moins étrange (orgasmique me semble le mot juste…). Ponctuant ses interventions d’injonctions aux êtres de sexe féminin de l’assistance à s’avancer le plus possible et à leurs compagnons de déguerpir le plus vite possible, le chanteur est décidément aujourd’hui dans une forme olympique… Josh Homme, habituel batteur du groupe et frontman des Queens Of The Stone Age, rejoindra sa troupe pour une fin dantesque. Le set se concluera comme il s’était commencé : dans un mélange de fureur et de bruit, mêlés d’un certains second degré rarissime et pourtant très appréciable dans ce genre de prestations.
Les festivaliers se cament à l’électro des frères chimiques
OT : Mondialement reconnus, les 2 djs de The Chemical Brothers sont de retour aux Eurocks sur la grande scène cette fois ci. Inutile de dire que l'immense espace recueillant le public frôle l'overdose, tout le monde s'est donné rendez vous pour assister au duo de star. La nuit est tombée depuis quelques heures, la fatigue commence à se faire sentir mais le show nous tiendra en haleine, tant et si bien, que j'en oublierais d'aller voir Bright Eyes, chaudement recommandé par une ariégeoise, et que j'avais pourtant souligné sur ma feuille de route. Tant pis pour la star montante du folk rock, les anglais monopolisent l'attention à l'aide d'un incroyable ballet luminaire.
Les lasers croisent les lights, les projections illustrent la musique de la plus belle façon, le visuel est vraiment impressionnant et vaut à lui seul le détour. N'oubliant tout de même pas au passage la qualité des mix des 2 frères (de sang je ne sais pas, mais chimique apparemment !), qui nous dévoilent leurs plus grands tubes pour faire trembler le dancefloor de la plaine de Malsaucy, et rare sont ceux qui ne succombent pas à l'appel des planches pour exécuter ses pas de danses, qui d’ordinaire sont réservés aux soirées du samedi soir. Les infrabasses nous secouant les tripes, il sera difficile de refuser l'invitation. On aura reconnu "Hey boy, hey girl" en guise d'intro et le méga tube "Block rockin beat".
Pungle pop et jolies anglaises
OT :Complètement épuisé, je me dirige sous le chapiteau voir La Phaze. Réussiront ils le pari de réveiller Belfort à grands coups de pungle? Trois fois oui, puisque la petite bombe française du moment finit de convaincre tout le monde, interprétant notamment les compos en or massif de leur dernier album : Assaut Final, Nouveau défi…
Puisant dans mes dernières forces, je passe un sympathique petit quart d'heure en compagnie des anglaises d'Electrelane. Leur pop noisy qui pourtant a l'air intéressante, est dure à encaisser vu l'heure tardive, je peine à apprécier le concert, je découvrirai une autre fois et je préfère me diriger sous la toile de tente récupérer un peu de force.
Il est l’heure d’aller se coucher
OT :Il n’y a pas à dire, les Eurocks, ça fatigue et mes jambes crient famine. La parcelle de verdure sur laquelle je vais essayer de me revigorer est la bienvenue. La première soirée ne me fait d'ores et déjà pas regretter d'avoir fait tant de kilomètres pour assister au festival. Je me souviendrai de ce premier soir de Nine Inch Nails, Emilie Simon, The Chemicals Brothers et La Phaze qui ont assuré des concerts sans faille et du plus bel effet.
Anslab : Un départ en demi-teinte pour ces 17e Eurockéennes, mais je ne peux que me maudire en disant que je n’ai pas pu voir des trucs annoncés comme énorme comme Cocorosie et tant d’autres. Harassé par cette journée, je reprends difficilement le chemin qui mène au camping en titubant un peu encore sous le choc de cette journée placée sous le signe de Josh Homme.
Merci au staff presse des Eurockéennes Photos Territoire de Musiques : Carnovali, Belossat, Roest, Stoll, Gable et Vatin
Specials thanks d'OscarTramor: Renaud le chauffeur fan de Brassens et des chaises longues SFR, Fred, celui qui tient la route toute la soirée, Baptiste pour tout, la déjantée Tox pour les corrections orthographiques